S C H W A R Z M A U T / Noir octroi

Schwarzmaut : du 5 au 21 janvier 2017

Que signifie ce titre ? D’abord octroi. Octroi c’est la taxe, le prix pour passer outre. Posons qu’il y a un tribut à payer au Noir, à l’obscur, au non-sens, pour passer outre, pour apercevoir quelque chose de la beauté. Les pièces de Muriel Leray se présentent au regard comme des panneaux noirs réfléchissants. Les dessins de Myriam Mechita portent la douleur, la perdition, la violence. Ce prix est celui que nous impose la violence et la noirceur du monde lui-même. Il y a un hiver du monde. Il faut s’en affranchir bien sûr, ne pas y sombrer ; cependant on n’y échappe pas sans soi-même éprouver et subir la taxe que ce Noir exige aux humains. Le salut n’est pas individuel.
Schwarmaut, c’est aussi la taxe au Noir. Le chemin du juste est clandestin certainement. Le chemin du beau n’est pas dans le spectacle. Kant différenciait la catégorie du Beau et celle du Sublime. Le Sublime touche à une limite, celle du vide, celle de l’informe, celle de la laideur. Il y a un prix à payer de ce frayage vers la beauté inconnue, clandestine, au noir. Une taxe. Elle est offerte au regard du visiteur. Elle demande, mais ne demande pas.
Puis, octroi est le nom d’un impôt impopulaire avant la Révolution française. Il est considéré comme une des causes de la Révolution. La barrière du Trône, à quelques mètres de la Galerie de la Voûte, est constituée de deux colonnes néo-classiques destinées au départ à l’octroi royal. Sous les auspices de la cause révolutionnaire : noir octroi.

Noir octroi. C’est le nom de la première partie d’un recueil de poèmes de Paul Celan en 1969. L’idée de cette exposition est de rapprocher et de montrer ensemble les deux voies constitutives de la progression artistique : l’affect et l’intellectualité.

Myriam Mechita manifeste dans ses dessins et ses sculptures l’intensité de la sensibilité contemporaine : un nouage entre violence, rêve et grâce féminine. Les installations de Muriel Leray partent de l’abstraction pure, de son apparente froideur, souveraine et énigmatique, mais le nouage qu’elles opèrent entre abstraction et langage poétique ouvre à l’intelligence de l’Idée. Les images de Jérôme Avraham Benarroch cherchent une synthèse immédiate entre ces deux pôles, opération conceptuelle d’un côté, passion sensible de l’autre.
L’hiver est profond en janvier. Il l’est aussi devant la réalité de notre monde. Le passage obligé de la beauté c’est cette conscience du Noir.

Vernissage Jeudi 5 Janvier 2017 - 18h30

Exposition du 6 au 21 janvier 2017

Contact Galerie : Jérôme +33 (0)6 09 42 66 16