Pierre Navachine ///Photographies///

Pique-nique, Chester, Pays de Galles, 2015, tirage pigmentaire sur Alu-Dibond, 100 cm x 160 cm, 6 exemplaires.

***La galerie de la Voûte présente une exposition photographique de Pierre Navachine comprenant 16 œuvres récentes. L’artiste franchit une étape supplémentaire dans l’ exploration du média photographique par un travail approfondi sur la perception***

- Les silences de Pierre

La photographie arrête le temps. Mais quand s’empare-t-elle déjà du temps arrêté ?

Avec Pierre Navachine, pour être certain de la proposition, nous entrons dans l’irréel du réel. La photo qui pourrait faire croire au " document " au dessus de tout soupçon d’interprétation, devient une " fiction " qui nous transporte dans l’abîme du temps sans temps.

- Dans un silence absolu.

Le silence des mots, le silence des images s’installent en pause.

Pauser une photo, comme aux débuts de la photographie. La pause de la photographie est perçue comme un temps infiniment long de l’arrêt du temps. On retient son souffle, comme on retient sa voix. On retient le temps comme on retient la vie, comme on retient la mort.

Dire la mort, c’est probablement permettre de pouvoir la regarder en dehors des cimetières dont on ne sait toujours pas s’ils servent à quelque chose sinon aux vivants - Des images cimetière vivant. Devant nos yeux, ces images qui nous racontent le silence, le temps arrêté, figées, nous content alors l’inverse : le fugace, le fragile, le périssable. Avec ses accents d’éternité, les photos de Pierre Navachine inversent l’émotion du temps.

Nous sommes probablement face à cet abîme du temps, dans son miroir infini. Peu-être l’essence de la photographie n’a cessé de nous faire sombrer dans cette question si bellement habillée par la glace - à nouveau miroir - des tirages pour mieux y succomber.

L’ombre n’a pas de couleur. L’ombre du paysage dans laquelle on découvrira peut-être le fantôme d’un personnage. Pourtant quand la couleur apparaît, la couleur est forcée, forcenée pour ne jamais évoquer du réel, que son irréel.

Le jeu des mots avec les images a sa fin. Jean Loup Pivin, Paris, 19 octobre 2015

Jean-Loup Pivin est architecte, critique d’art et fondateur de la Revue Noire.

***Vernissage jeudi 19 novembre 2015 à partir de 18h00***

Exposition du 16 au 28 novembre 2015