Jean-Pierre Guillard

Exposition du 11 janvier au 27 janvier 2019

Vernissage le jeudi 10 janvier 2019, 18h00 - 21h00

Jean-Pierre Guillard naît le 12/12/60 (60 = 12 x 5) à Courbevoie (le 12 est le nombre du blues, Jean-Pierre Guillard à 12 ans jouera instinctivement le blues de 12 mesures).
Il naît donc et est illico envoyé respirer l’air de la mer.
La nourrice s’appelle Madame Flèche.
L’enfant est contemplatif. Quoique sexué, il n’est pas encore impatient
(il n’est pas pressé de marcher , ni de faire du vélo etc.)
En 1974, on le trouve marin. En 1976, mangeur d’hallucinogènes. En 1977, saxophoniste. En 1980, il entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris – aux innocents les mains pleines – il y ré invente la peinture de marine.
Jean-Pierre Guillard est d’emblée attiré par le contenu d’abstraction de la peinture moderne – l’inexplicable ordre secret que les couleurs et le rythme produisent le laisse muet.
Les premières oeuvres représentent de grands losanges blancs (non pas vides) formés de pressions de couleurs fauvistes. Plus tard le losange s’ouvrira, deviendra un entre-deux séparant/unissant d’extravagants totems qui, calés contre les verticales, se font face. Cet entre-deux se peuplera ensuite, peu à peu , jusqu’à ces grandes toiles de 1984 (“climatiques” dit-li) où tout sujet est absorbé par l’ampleur et la densité de la couleur. Le sujet Jean-Pierre Guillard semble avoir été absorbé dans le paysage de la toile, être passé derrière le tableau car il paraît avoir cessé de peindre, puisque dorénavant on le trouvera poète, chanteur de jazz, on le rencontrera sur les scènes de théâtre.
Pas un jour sans peindre depuis quatre ans. Une pratique peut-être trop intensive a pu créer une sorte de dédoublement...imagé, si on peut dire, par un mois de décembre 1984 bouleversant de vide.
Jean-Pierre Guillard arrête de peindre ; il ne dessine que nuitamment, succinctement, les veux fermés. Quand on lui propose d’exposer en avril 1986, c’est sur ces dessins somnambuliques qu’il s’appuie. Cette série (grands fusains sur lavis) s’intitule naturellement “FANTOMES”.
En 1987, un long voyage au Mexique confronte l’artiste au sens de l’imagerie cathartique- les dessins et les oeuvres sur papier de Jean-Pierre Guillard forment un véritable peuple de figures ahurissantes, secrètes et prégnantes.

Le goût pour la peinture réapparaît avec ardeur, les fantômes durent en évoluant, prennent de la couleur, évanescents ou grotesques.
A partir de 1991, il restera trois années en Bourgogne où l’usage du format (immobile) carré (150 x150) devient récurrent ; utilise le bâti que l’on retrouve encore aujourd’hui ; les toiles s’intitulent “SUJET” ou “SPRIT”...
Parallèlement il réalise en collaboration avec les éditions du Théâtre Typographique, la part dessinée de deux ouvrages : “Allemands” de Walter Benjamín et “In the Sheer Whatness” de Dominique Fourcade.
Installé de nouveau à Paris depuis 1994, Jean-Pierre Guillard, par son oeuvre tragique et festive continue à chaque toile l’aventure du vide au visible, provoquant inlassablement les apparitions, guettant leur épiphanie.

Jérémie Laplace