HAPPY END / Tami Notsani

Happy End est une exposition sur la fin d’un monde. Ce monde semblait croire en des jours meilleurs, en l’amitié entre les peuples, une chaine humaine venue des années 70, quand ils imaginaient encore réunir les hommes au-delà des nations, des couleurs de peau, des origines sociales ou des religions. Mais il y a la dictature chinoise, coréenne, Daesh, Bachar el Assad, Poutine, le Brexit, Trump… que reste-il de nos espoirs d’humanité unie ?

A contre courant, les artistes continuent d’enregistrer des fragments de réalité, des morceaux d’ouverture, ils prennent des notes, créent des images et Tami Notsani photographie le quotidien : les grands arbres, les manèges qui tournent encore, les enfants qui jouent en se cachant le visage derrière des masques, les morceaux de poésie qui naissent par hasard comme avec cette biche ailée ou cet immense panneau d’affichage vide, une page blanche encore à écrire.

Dans les grandes périodes d’inquiétude, très souvent avant la guerre et même pendant, les gens se réfugient dans le rêve, la fête, l’oubli volontaire de la réalité. Ce fut notamment le Berlin d’avant guerre, les années folles, Dada et le Surréalisme.
On peut sentir dans les photographies de Tami Notsani ce sentiment d’insécurité passager où les chosent et les gens vacillent, se retrouvent en bordure de réalité, mais dans un espace quotidien et familial partagé. Car c’est bien là que les gens se réunissent de part le monde, qu’ils ont ces points communs que certains tentent de détruire : des enfants qui s’amusent, la famille, le quotidien, l’amour, les animaux, la poésie simple des choses, c’est ce que chacun partage de Paris à Pékin, de Dallas à Bamako, de Saint Petersburg à Damas.

Tami Notsani est dans une lignée de photographes humanistes où l’on retrouve la douceur engagée d’un Robert Doisneau, l’attention aux jeunes pauvres d’une Helen Levitt.
Elle possède ce regard qui révèle une réalité poétique qu’on oublie de percevoir à l’œil nu, qu’on ne préfère pas voir tant elle nous est proche.
Happy End est un titre ironique sur Noël qui arrive à grand pas ; espérons que tout cela se termine bien, comme dans les films hollywoodiens.

Laurent Quénéhen

Commissariat : Laurent Quénéhen

Exposition du 1er au 11 décembre 2016
Vernissage le jeudi 1er décembre de 17 h à 21 h
La galerie est ouverte du jeudi au dimanche
de 16 h à 19 h et sur rdv

Visite possible sur rendez-vous
Contact galerie : +33 6 65 06 88 87